Port La Nouvelle – Région Occitanie : Attention à la privatisation du port !

Lors de la Commission permanente du Conseil régional Occitanie de vendredi 19 avril, les élus ont décidé de concéder pour 50 ans l’aménagement, l’exploitation, la gestion et le développement du port de commerce à une Société d’Économie Mixte à Opération Dédiée (SEMOP). La puissance publique sera minoritaire dans cette société commerciale dans laquelle Région ne détiendrait que 34% des parts et un opérateur privé 51%. Guilhem Serieys, représentant les élus France Insoumise à la Commission permanente a été le seul élu à s’opposer  à ce choix qui va soumettre le port aux intérêts privés. Nous le regrettons et alertons.

Cette décision intervient alors que la Région a lancé un projet d’extension du port en 2018 qui se chiffre à plus de 350 millions d’euros. Les investissements prévoient notamment une immense digue de 2,5 kms et de nouveaux quais dans l’espoir de développer de façon exponentielle les volumes de deux activités principales : l’importation de pétrole et l’exportation de céréales.
Ce choix de fonder la stratégie portuaire sur un investissement colossal autour de ces activités est un non sens économique et une aberration écologique.
Concernant le pétrole, le projet se base sur le passage de 1 million à 2,8 millions de tonnes alors que la tendance du marché est à la baisse et que l’impératif écologique oblige à ralentir sa consommation.
Concernant les céréales, constituées à 80% de blé dur, penser doubler les volumes exportés à destination notamment de l’Afrique du Nord n’est ni réaliste ni souhaitable. La France perd actuellement ses marchés. La récolte en Occitanie baisse chaque année. Il est par ailleurs nécessaire de sortir de la monoculture consommatrice d’engrais et de pesticides et des productions prédatrices de la ressource en eau.
Rappelons aussi que l’Occitanie possède un autre port céréalier à Sète dont l’activité en ce domaine peine à se maintenir. Le bon sens voudrait de rechercher une complémentarité entre ces ports et non de les mettre en compétition.

S’ajoute donc à ces orientations incertaines le choix de privatiser la gestion du port de commerce. Alors que l’intérêt général devrait ici présider aux choix stratégiques, notamment économiques et écologiques, c’est la recherche de bénéfices directs pour l’opérateur privé qui primera.
La « maîtrise publique » sera un trompe l’œil puisque la participation de la collectivité dans la société commerciale « SEMOP » sera minoritaire. Les « SEMOP » n’ont d’ailleurs d’intérêts pour les opérateurs privés qu’au cas où ils en assument le contrôle et bénéficient des remontées de dividendes.
La collectivité aura à la fois un pouvoir adjudicateur sur le contrat passé avec la société et sera dans le même temps actionnaire minoritaire de cette même société. Cette double casquette rend illusoire la capacité de la Région à contrôler efficacement la bonne exécution du contrat.
De plus, le secret industriel et commercial s’appliquera à l’ensemble des éléments de gestion de la société.
Cette disposition s’oppose clairement au contrôle de l’assemblée régionale « délibérante » et à l’aspiration des citoyens et des usagers à contrôler leurs services publics.
Étant donné le peu de lisibilité et les incertitudes autour des retombées économiques des investissements prévus sur le port, les opérateurs privés candidats risquent de ne pas être nombreux et surtout d’être en position de force dans les négociations du pacte d’actionnaire avec la Région.

Pour toutes ces raisons, nous nous opposons au choix de privatiser le port de commerce, appelons à un contrôle public et citoyen des choix d’investissement et à un redimensionnement du projet d’extension.

Myriam Martin, Jean-Christophe Sellin, Guilhem Serieys, conseillers régionaux.

Airbus / Economie régionale: Y a t-il encore un pilote dans l’avion?

La décision est tombée hier, jeudi 14 février: Airbus abandonne l’emblématique A 380. Sanction d’une erreur stratégique manifeste d’avoir construit un tel monstre dans un monde où l’impératif écologique commence à s’imposer et où les surcoûts d’infrastructure d’aéroport ne sont plus de mise.

Le coût financier sera de 20 milliards et 3500 employés sont sur la sellette.

Un vice-président de Toulouse Métropole a même évoqué en séance du Conseil Métropolitain un scénario catastrophe dans les prévisions du financement de la 3 ème ligne de métro en évoquant l’avenir et la viabilité d’Airbus.

Cet accident industriel révèle au grand jour la dépendance de la mono-activité autour de l’aéronautique pour Toulouse, son agglomération et l’ensemble de la région.

Une nouvelle stratégie s’impose à l’Etat et aux collectivités locales, de piloter un plan décennal, pour diversifier l’économie, à partir des immenses besoins sociaux et écologiques, en aidant en priorité les SCOP et les PMI/PME.

Il en va de l’avenir de l’emploi, de l’activité économique et de nos territoires.

 

Toulouse, le 15 février 2019

Jean-Christophe Sellin, Conseiller régional Occitanie – France Insoumise