Emploi, méga-scierie, interdiction des manifs… : les faits marquants de l’Assemblée régionale du 16 juillet

Victoire pour l’emploi 

Lors de l’Assemblée plénière du Conseil régional du 16 juillet 2020, les élu-es de La France Insoumise ont proposé et fait adopter un vœu intitulé « Pour un bouclier social et une planification écologique ». face aux plans de suppressions d’emplois dans la filière aéronautique.

Seuls les élus du RN et de droite ne l’ont pas voté. La Région demande le maintien des emplois et le niveau des salaires et condamne les Accords de Performance Collective comme celui de l’entreprise Derichebourg. Vous pouvez retrouvez ici le texte du vœu adopté. Nous adressons notre soutien fraternel aux salarié-e-s concerné-e-s.

La méga-scierie de Lannemezan

Dans la continuité de nos combats contre les grands projets inutiles, nous avons alerté les élu-e-s de la région Occitanie et proposé un vœu sur le projet d’installation d’une importante scierie et d’une usine de co-générération sur le plateau de Lannemezan. Ce projet aurait pour conséquence une dégradation importante du patrimoine des hêtraies Pyrénéennes. Nous avons donc proposé le vote d’une motion pour demander l’abandon de ce projet. Nous n’avons pas été suivis par les conseillers régionaux PS, PRG, LREM, droite et FN qui ont tous refusé de voter notre proposition.

L’interdiction des manifestations

Nous avions déposé un question orale pour interroger Carole Delga sur sa demande plusieurs fois réitérée, au nom du Conseil régional, de généralisation de l’interdiction des manifestations sur tout le territoire d’Occitanie le samedi au delà du 10 juillet. Nous voulions aussi lui demander de clarifier sa pensée vis à vis des élus de La France Insoumise qu’elle a qualifié dans la presse de « soutiens des casseurs ». Carole Delga a déclaré irrecevable notre question orale et a donc refusé d’y répondre au prétexte que ce sujet ne serait pas « d’intérêt régional ». C’est pourtant justement elle qui a déclaré avoir saisi le préfet de Région pour demander cette généralisation de l’interdiction de manifester en sa qualité de présidente de Région. Nous condamnons très fermement sa positon qui sur le fond est une atteinte au droit fondamental de manifestation et qui sur la forme est une utilisation abusive de ses prérogatives d’autant plus inacceptable qu’elle refuse d’en rendre compte devant l’Assemblée délibérante.

Les interventions des élus insoumis

Vous pouvez retrouver nos interventions en vidéos.
Myriam Martin est intervenue sur le « plan de relance pour l’emploi » qui n’est pas à la hauteur des enjeux, concernant entre autres l’aéronautique : l’aide de la collectivité sans contrepartie n’est pas acceptable quand Airbus annonce autant de licenciements. La crise de l’aéronautique exige d’autres réponses sociales et structurelles, dirigeant la filière là aussi, vers la transition écologique. Les élus insoumis se sont abstenus sur ce plan quand tous les autres élus (PS, PCF, EELV, droite, FN) l’ont approuvé.
Guilhem Serieys est intervenu sur la proposition de « Green New Deal, acte 1 » qui est un satisfecit vis à vis du plan de relance proposé par la commission européenne. Ce plan est pourtant une entourloupe puisqu’il est insuffisant et surtout conditionné au Semestre européen, c’est à dire à des conditions de type « réformes structurelles » réforme des retraites, privatisations… Il a rappelé que pour engager la bifurcation écologique régionale, il fallait commencer par stopper les Grands Projets Inutiles portés ou soutenus par la Région comme l’autoroute Castres-Toulouse ou le Grand port de Port-La-Nouvelle. Il s’est enfin prononcé pour que les citoyens qui participeront à la convention citoyenne tirée au sort au mois de septembre puissent avoir plus de droits démocratiques et de temps de parole que les élus minoritaires de l’Assemblée régionale qui sont limités, en toute irrégularité, à une minute d’expression.
Jean-Christophe Sellin s’est exprimé sur la DM et les finances régionales qui vont être impactées par les conséquences de la refonte de la taxe professionnelle (CVAE) et des dotations de fonctionnement indexées sur la TVA. C’est une arnaque gouvernementale, malheureusement prévisible qui étrangle aujourd’hui les régions. Nous l’avions dénoncée depuis longtemps.

Face au plan de la direction d’Airbus, bouclier social et planification écologique !

La nouvelle est tombée : 15000 postes vont être supprimés dans le monde dont 5000 en France. A Toulouse ce n’est pas loin de 3500 emplois qui sont menacés. En fait c’est toute la Région Occitanie qui va être impactée.

Bizarrement, cette annonce survient au lendemain deuxième tour des municipales et après l’annonce d’une aide d’Etat de 15 milliards pour la filière aéronautique.

La question de la conditionnalité des aides se pose avec encore plus d’acuité comme celle de l’interdiction des licenciements.

Rien d’étonnant à ce que la colère gronde du côté des salarié-e-s. D’autant plus que le carnet de commandes serait plein jusqu’en 2027. Sans compter qu’Airbus a connu une croissance exponentielle ces dernières années et de colossaux bénéfices.

Il n’est donc pas question que les salarié-e-s d’Airbus comme des sous-traitants payent la note une fois de plus.

Des solutions existent. La première c’est de partager le travail, et de procéder à la diminution du temps de travail, pour permettre à tout le monde de travailler, sans diminution de salaire.

Les autres solutions c’est de s’engager résolument sur le chemin de la transition écologique, en travaillant notamment à des avions GES (Gaz à Effet de Serre) par le renouvellement de la flotte et en élaborant d’autres pistes de reconversion.

La France Insoumise s’oppose à la suppression des emplois et soutient toutes les actions menées par les salarié-e-s.

Déclarations des élu-e-s LFI, région Occitanie, Myriam Martin, Jean Christophe Sellin et Guilhem Serieys – Toulouse le 2 juillet 2020

COVID-19: Plan régional d’urgence, sanitaire, économique et solidaire

La catastrophe sociale et sanitaire actuelle est provoquée par un modèle économique inadapté, le capitalisme financier mondialisé, qui est destructeur de la biodiversité et des protections collectives. Elle confirme l’incapacité de ceux qui nous gouvernent à prévoir et agir autrement qu’enfermés dans leur carcan idéologique. Les élus France Insoumise proposent à l’inverse de planifier la mobilisation économique et sanitaire.
Face à la crise du COVID-19, la commission permanente de la Région Occitanie a adopté ce vendredi 3 avril un « plan régional d’urgence, sanitaire, économique et solidaire ».
Guilhem Serieys s’est exprimé à cette occasion au nom des élus régionaux France Insoumise pour:
1- demander que soient associés les élus mais aussi les agents régionaux et les représentants des salariés à toutes les réflexions et décisions.
2- donner la priorité à la protection sanitaire des populations. La Région doit notamment se prononcer pour la suspension des activités économiques non-essentielles comme la plupart des chantiers du BTP ou les chaînes de productions d’Airbus et de sous-traitants. Ces activités ne font qu’augmenter les risques sanitaires et mettent en danger les salariés. Airbus annonce mettre à disposition de ses travailleurs des équipements de protection, notamment des masques FFP3. Ces équipements seraient plus utiles aux personnels soignants !
3- planifier la mobilisation économique sanitaire. La Région doit impulser la réorientation d’un maximum de productions vers les produits médicaux et sanitaires indispensables à la lutte contre le COVID-19, notamment masques, protections, tests et respirateurs. Le plan ne prévoit qu’un million d’euros, c’est très largement insuffisant.
4- protéger les petites entreprises, les indépendants, l’économie sociale et solidaire, les secteurs culturels et associatifs. Un fond de solidarité exceptionnel est mis en place pour les entreprises de 0 à 10 salariés doté de 50 millions d’euros. Par contre, le fonds dédié aux acteurs de l’économie sociale et solidaire, culturels et associatifs, n’est que de 5 millions. C’est très en deçà des besoins dans cette période.
5- proposer la mise à disposition d’internats de lycées. Ils peuvent héberger des personnels soignants pour limiter leurs temps de transport et permettre de les isoler temporairement de leur foyer familial. Les internats peuvent aussi servir de lieux d’accueil de femmes victimes de violence dans ce contexte.
6- préparer le déconfinement et le monde d’après. Depuis plusieurs années, les élus France Insoumise au Conseil régional proposent de faire de la relocalisation des activités qui répondent aux besoins fondamentaux des populations la priorité de la politique économique régionale. Il faut enfin mettre en œuvre nos propositions, notamment dans les domaines de l’industrie, de la santé, de l’alimentation, de l’environnement, de l’énergie. Il est enfin nécessaire de conditionnaliser les aides économiques à des critères d’intérêt général et de stopper les grands projets régionaux anti-écologiques.
Nous sommes profondément choqués par la réponse apportée par la président de Région Carole Delga concernant la poursuite des activités de production non-essentielles d’Airbus et l’utilisation de masques FFP3 dans cette période de confinement. Rappelant qu’Airbus a pris sa part dans les commandes de masques à la Chine, elle estime légitime le maintien de l’activité de ses chaînes de production. Nous regrettons qu’aucun autre élu de la commission permanente n’ait soutenu notre proposition.

Compte-rendu de l’Assemblée du 19 décembre 2019 : une assemblée au pas de charge, un budget 2020 insuffisant impossible à débattre et amender

Le 19 décembre les élu-e-s de la région Occitanie étaient réuni-e-s pour voter le budget primitif 2020.

Les faits marquants de cette Assemblée ont été : la censure orchestrée contre les élus de la France Insoumise par le duo Delga/Onesta, l’impossibilité d’améliorer et d’amender un budget qui n’est pas à la hauteurs des enjeux sociaux et écologiques, le refus de Carole Delga et de la majorité de s’opposer au système de retraites par points et le vote d’une interpellation du gouvernement à propos des moyens financiers des collectivités locales.

Un fonctionnement antidémocratique et de la censure sous la houlette du duo Delga/Onesta

Le moins qu’on puisse dire c’est qu’il est toujours difficile pour les élu-e-s insoumis-e-s que nous sommes de participer au débat car, nous sommes toujours relégué-e-s comme élu-e-s non inscrit-e-s, sans moyen et avec une minute en tout et pour tout, de temps de parole, pour chacun et chacune sur toute la séance. La seule chose qui nous soit autorisée c’est de déposer des vœux nous permettant d’aborder des sujets d’actualités. Au nom de ce règlement intérieur mis en place sous la houlette de Gérard Onesta, le débat est superficiel, insuffisant, corseté et même parfois il n’a pas lieu puisqu’un des vœux déposés par nos soins, sur l’école, a été jugé irrecevable et n’a pu être présenté (vous pouvez retrouver le vœu ici). Aussi devant ces entraves répétées à l’expression démocratique, nous sommes intervenus dès l’entame de l’assemblée plénière afin de protester de l’arbitraire que nous subissons (voir l’intervention à ce propos de Jean-Christophe). Voici le communiqué de presse que nous avons rédigé à propos de la censure que nous subissons.

Le vrai sujet c’est le temps pris pour débattre au sein de la région Occitanie : Le temps dévolu au débat sur le budget n’a cessé de diminuer depuis le début de la mandature. Nous sommes la Région qui débat le moins et délibère avec le moins de sérieux sur son budget. Nous n’avons même pas le droit de présenter nos amendements budgétaires en séance ! C’est dommageable pour la démocratie et cela n’empêche en rien le RN de s’exprimer, avec des élu-e-s toujours outranciers et crachant leur haine à tout bout de champs.

Nous nous sommes abstenus sur le budget

Nous nous sommes abstenus, aucun de nos amendements, dont l’objectif est de prendre davantage en compte les besoins de nos concitoyen-n-e-s sur le plan social comme écologique, n’a été retenu. Vous pouvez retrouver nos amendements ici. Encore une fois, ce budget n’est pas à la hauteur des enjeux, que ce soit en matière d’investissement ou de fonctionnement. Vous pouvez retrouver nos 3 interventions ici. Guilhem Serieys est intervenu pour demander la fin des grands projets régionaux anti-écologiques. Jean-Christophe Sellin pour renforcer les investissements de la Région par le recours à l’emprunt. Myriam Martin sur les questions éducatives et écologiques.

Autre sujet d’ampleur à l’ordre du jour de cette assemblée plénière : le SRADDET, le Schéma Régional d’Aménagement de Développement Durable, et d’Égalité des Territoires. Il s’agit d’un document stratégique de planification qui détermine les grandes priorités d’aménagement du territoire à moyen et long termes. Ce schéma est le fruit d’un travail dense, il fait des constats pertinents et indique des pistes intéressantes mais il nous laisse sur notre fin : si on peut se féliciter de la volonté de « planifier » on peut douter des moyens et du temps que l’on se donne pour parvenir aux objectifs. Et on peut s’interroger sur certaines politiques contraires aux intérêts écologiques, c’est à dire à l’intérêt général : développement du tourisme notamment international, financement de l’autoroute Toulouse Castres, LGV Toulouse Bordeaux aux dégâts écologiques importants. Nous nous sommes donc abstenus.

De nombreux rapports avaient une portée écologique. C’est nécessaire et c’est important. Mais certains manquent d’ambition, de plus il y a dans ces rapports et leur présentation un certain satisfecit sur ce qui a été fait ou sur ce qui est proposé. Or si on ne planifie pas suffisamment par la puissance publique les politiques nécessaires pour répondre aux enjeux écologiques sur le long terme, on risque d’avoir un temps de retard systématique sur ce qu’il faut faire non pas seulement pour s’adapter au dérèglement climatique mais aussi pour le combattre.

Carole Delga refuse de s’opposer au système de retraite par points

Malgré le refus du vœu sur l’école, nous avons présenté deux vœux, un sur les moyens de la Région dans le contexte de réduction des dotations de l’Etat, un autre exigeant le retrait de la réforme des retraites instituant un système à points.

Quelle ne fut pas notre surprise d’entendre la présidente de région émettre un avis défavorable à notre vœu sur les retraites exigeant le retrait sur la réforme à points. Ce moment a provoqué une passe d’arme entre la présidente et nous, cette dernière faisant preuve d’un sectarisme et d’une mauvaise foi à notre encontre, hors du commun. Nous venions de voter le vœu proposé par le PS, le PRG, le PC et EELV, parce qu’il demandait le retrait du projet et en dénonçait l’injustice. Avec la volonté de s’unir sur ce point face à la politique de Macron, nous avons donc voté ce vœu.

La présidente de région s’est cachée derrière l’existence de deux vœux, le premier étant voté le deuxième devait disparaître, pour refuser le notre.

Nous ne sommes pas dupes, c’est bien un désaccord politique entre nous qui justifie son attitude : dans son intervention d’introduction le matin la présidente et de région a exprimé son choix pour une retraite à point, la solution pour que la réforme soit acceptable serait de constitutionnaliser la valeur du point! On est très loin donc des exigences légitimes de tous ceux et celles qui luttent aujourd’hui. Notre vœu, que vous pouvez retrouver ici, évidemment était très clair : le retrait de la réforme de la retraite à point était affirmée ainsi que notre attachement au système actuel. Au final, 51 élus se sont prononcés contre le système de retraites par points, 63 élus se sont opposés à cette position et 6 se sont abstenus.

Les élus insoumis obtiennent un vote majoritaire sur la question des dotations de l’Etat et contre l’austérité budgétaire

Après discussions, un compromis a été trouvé en séance concernant notre vœu pour des moyens financiers pour répondre aux besoins des populations et aux enjeux écologiques. Voici le texte finalement voté par une majorité de l’Assemblée :

« L’Assemblée plénière du conseil régional Occitanie exprime sa vive inquiétude concernant la situation préoccupante des ressources pour l’ensemble des collectivités territoriales.

Cette politique d’austérité budgétaire s’applique à tous les secteurs collectifs de la société, des services publics aux collectivités locales. Le gouvernement amplifie les tendances précédentes pour organiser encore davantage l’affaiblissement des ressources de l’Etat; l’austérité s’installant comme outil systémique d’entrave à la redistribution sociale.

Le total des concours financiers de l’État est passé de 58,2 milliards d’euros en 2013 à 47,1 milliards en 2017, soit une baisse de 19%.

Pour la région Occitanie, la DGF a été en 2017 inférieure de 135 millions d’euros par rapport en 2013. Au-delà du manque à gagner cumulé d’au moins 300 millions d’euros sur cette période pour la Région Occitanie, ce sont, au moins, 7 milliards d’euros qui manquent cruellement à toutes les collectivités de notre région (communes, intercommunalités et départements) en additionnant les baisses de dotations de l’Etat, la non-compensation des charges par rapport aux missions et la non-compensation des ressources par rapport à la modification des contributions et taxes locales.

Les difficultés pour les collectivités locales ne s’arrêtent pas là. Avec le pouvoir Macron, le contexte des finances locales a changé, avec mise en place d’un dispositif contraignant de plafonnement des dépenses réelles de fonctionnement pour les 322 plus grandes collectivités territoriales. La loi de programmation des finances publiques 2018-2022 dans ses articles 13 et 29, exige « des collectivités territoriales une contribution de 13 Milliards € à l’effort national afin de réduire le déficit public et de maîtriser la dépense publique ». Cet effort demandé par le gouvernement se rajoute ceux déjà consentis ces dernières années et décrits ci-dessus.

9,3 % : c’est le poids des collectivités locales dans la dette publique française Cette réalité, stable depuis plusieurs années, n’a pas dissuadé le gouvernement d’imposer aux collectivités qu’elles contribuent encore à la réduction du déficit public !

La région Occitanie est une grande région où la pression démographique est importante et croissante. Les spécificités régionales (taille des régions, importance des zones rurales, nombre d’habitant-e-s, revenus moyens, etc.) doivent être intégrées dans le calcul des dotations.

Les élu-e-s de la région Occitanie réuni-e-s en assemblée plénière jeudi 19 décembre 2019, exige du gouvernement qu’il donne les moyens financiers aux régions pour répondre aux besoins des populations et aux enjeux écologiques »

Commission permanente du 19 juillet 2019: subvention régionale à Vinci et choix routiers – les explications de votes de Guilhem Serieys

Rapport 07.02 Développement des énergies renouvelables
Installation photovoltaïque sur le site de la Direction Régionale d’Exploitation portée par Autoroute du Sud de la France Groupe VINCI

Madame la présidente, vous proposez ici que la Région apporte une aide financière au groupe Vinci pour contribuer à un projet d’installation photovoltaïque sur un bâtiment autoroutier. Je vous dis ma consternation. Les élus de la France Insoumise avaient alerté en début de mandat et à plusieurs reprises depuis concernant l’insuffisance des critères pour les aides publiques accordées aux entreprises. Vous nous aviez pourtant assuré de votre volonté de respecter des principes d’éco-conditionnalité, de veiller également, pour reprendre vos mots, à la responsabilité sociale et éthique des entreprises. Encore une fois aujourd’hui, cette subvention à Vinci montre que vos engagements généraux ne résistent pas à la réalité des choix politiques que vous soumettez à notre vote.

Voyons cela de plus prés. Les sociétés d’autoroute font des profits absolument gigantesques et se versent des dividendes colossaux sur le dos des automobilistes. Le chiffre d’affaire des sociétés d’autoroute est de 10 milliards d’euros, et elles dégagent une marge brute de 73%. Les tarifs des péages autoroutiers vont encore augmenter de 1,8% à 1,9% au 1er février

L’activité autoroutière représente 15% des activités de Vinci, mais 60% de leur profit. La part des bénéfices de Vinci donnés aux actionnaires est de plus de 50%, soit plus de 2 milliards distribués chaque année. La plus haute rémunération dans le groupe Vinci est de 3,5 millions d’euros pour une personne, soit un écart moyen de salaire avec les salariés de 1 à 100. La part des femmes parmi les cadres est de 18%. Enfin, en matière d’écologie, Vinci s’est vu décerné 3 fois le prix Pinochio par l’association Les amis de la Terre.

En réalité, Vinci est irresponsable. Irresponsable éthiquement, écologiquement, socialement et moralement. Et c’est l’exécutif de la Région qui est encore plus irresponsable d’encourager ces pratiques en votant une subvention publique à cette entreprise qui n’en a pas besoin. Le budget régional devrait aller à d’autres choix, sociaux, écologiques, éthiques. Je vous appelle à vous opposer à cette subvention.

Résultat du vote :
Pour : PS, radicaux, droite
Abstention : EELV, PCF
Contre : Serieys FI, Satgé, FN

 

Rapport 10.02 Itinéraires, principes et dispositif accompagnant le réseau routier d’intérêt régional 

La délibération que vous présentez ici engage la Région généraliser les subventions pour les itinéraires routiers et implique une rupture avec les choix politiques antérieurs, notamment en Midi-Pyrénées. Ces choix étaient en cohérence avec les compétences de la Région en matière de transport, à savoir principalement la priorité donnée au transport collectif et au rail.

Certes, avec la loi Notre, des itinéraires routiers peuvent être considérés « d’intérêt régional ». Mais vous nous proposez ici une véritable fuite en avant pour investir dans les routes et favoriser l’usage de la voiture individuelle. Vous proposez de classifier 3000 kms de routes « d’intérêt régional ». La Région serait ensuite sollicitée pour apporter son soutien financier par chaque Département propriétaire des routes concernées, itinéraire par itinéraire, projet par projet. Je ne vois aucune raison pour que la Région participe financièrement à l’entretien des routes départementales alors qu’aucun moyen ne lui est attribué à cet effet. Cet argent mis sur les routes manquera ailleurs ! Alors que nos budgets sont de plus en plus contraints par la baisse des dotations de l’Etat, nos moyens doivent être consacré aux priorités écologiques, notamment au rail.

Généraliser comme vous le proposez les subventions aux travaux sur les routes départementales ouvre une brèche dangereuse vers des pratiques qui pourraient vite devenir clientélistes. Je voterai contre ce rapport et regrette qu’il n’y ai pas eu de concertation avec les élus régionaux à ce propos et que ce débat et ce vote se déroule dans le cadre restreint en catimini de notre commission permanente et non en Assemblée plénière puisqu’il s’agit d’un choix politique majeur.

Résultat du vote
Pour : PS, Radicaux, Droite, PCF
Abstention : EELV
Contre : Serieys FI

Région Occitanie: Parrainages républicains de lycéen-n-e-s réfugié-e-s

parainage

Il y a quelques semaines j’ai été contactée par RESF31 (Réseau Éducation Sans Frontières de la Haute Garonne) afin de solliciter la région et sa présidente pour organiser un parrainage républicain pour 10 lycéen-n-e-s de l’agglomération toulousaine.

La présidente de région a répondu de suite positivement et on s’est lancé dans l’organisation de l’initiative.

Mardi 9 juillet jour de la cérémonie, il y avait une centaine de personnes qui se pressait devant l’hôtel de région : bien sur les jeunes et leurs familles mais aussi leurs soutiens, nombreux, amis, élèves solidaires, membres du réseau et élu-e-s.

J’ai eu le privilège de présider et d’introduire ce moment particulier. J’en ai profité pour rappeler le droit à l’éducation et la nécessaire expression de la solidarité, même si celle ci peut amener à se retrouver en prison comme pour Carole Rakete et Pia Klemp, capitaines courageuses ayant secouru des migrant-e-s en Méditerranée. Et je suis également intervenue pour que tout le monde se souvienne de l’arrivée de 500 000 réfugié-e-s espagnols en 1939 lors de la retirada. L’exil est une souffrance pour ceux et celles qui le subissent et le devoir d’êtres humains c’est d’accueillir tous ceux et toutes celles qui n’ont pas eu d’autres choix que de partir.

Au fur et à mesure du déroulement du parrainage et de la présentation l’émotion est allée crescendo avec la prise de conscience d’un moment fort, partagé, dans un contexte où se joue le drame des réfugié-e-s tous les jours, et celle d’être aussi soi même, marraine et parrain, issu-e-s bien souvent de l’immigration. Les destins de ses jeunes et des leurs, même à peine évoqués, racontent des histoires terribles, des drames parfois inimaginables. Leur courage a forcé l’admiration de tous et toutes.

Dans ma conclusion j’ai exprimé notre engagement ferme à soutenir ces jeunes et leurs familles. Et à continuer à exprimer notre entière et pleine solidarité, à faire de la région une terre d’accueil et d’asile.

Myriam Martin

Compte rendu de l’assemblée plénière du 27 juin 2019 par Myriam Martin

L’assemblée plénière du 27 juin 2019, avait comme d’habitude pléthore de rapports à l’ordre du jour, abordés en une seule journée.

L’exercice a quelques chose désormais de stakhanoviste et le débat démocratique en pâtit forcément et fortement.

Pour nous élus insoumis, administrativement non-inscrits, l’expression démocratique est réduite à sa portion congrue, puisque réduite à une minute de temps de parole pour chacun-e d’entre nous sur l’ensemble des rapports soumis au débat!

La Décision Modificative Budgétaire

A l’ordre du jour une décision modificative budgétaire pour laquelle nous nous sommes abstenus. En effet, même si un certain nombre de sujets ne nous posait pas de problème, quelques uns nous interrogeaient : 1,5 millions d’euros pour la solidarité avec Notre Dame de Paris, la formation d’une Société Publique Locale concernant deux aéroports régionaux. Concernant le premier sujet Myriam Martin a rappelé : 1) qu’il est surprenant de trouver une telle somme en quelques jours quand l’ensemble des mouvements sociaux ces derniers mois dénoncent les inégalités sociales et la non satisfaction des besoins sociaux,

2) que l’état doit assurer la réfection du monument ( loi de 1905)

3) qu’il n’y a aucune solidarité à exprimer en direction de l’état quand celui ne l’est pas en direction des collectivités qu’il étrangle peu à peu en diminuant chaque année la dotation globale de fonctionnement.

Quant au deuxième sujet, nous n’avons pu développer faute de temps mais nous avons pointer du doigt l’essentiel du débat, au delà du remplacement d’une délégation de service public, onéreuse pour la région, par un service public local, la vraie question est celle du coût financier et environnemental d’aéroports locaux (Vous pouvez visionner l’intervention de Myriam Martin en cliquant ici).

Une démocratie bafouée

Dans la dernière intervention de une minute, Guilhem Serieys a insisté sur la crise démocratique grave que traversait notre pays et s’est étonné et insurgé à juste titre de la suppression d’un vœu des élu-e-s insoumis proposant à la région des modalités de mobilisation de nos concitoyen-n-e-s en faveur du référendum sur ADP. Vœu non recevable car considéré comme non d’intérêt régional par la présidente de région, Carole Delga et par M. Onesta, gardien du règlement intérieur! ( Vous pouvez visionner l’intervention de Guilhem Serieys en cliquant ici et lire le vœu proposé sur ADP ici).

Nous avons protesté avec véhémence et détermination contre le temps ridicule accordé, contre la suppression arbitraire d’un de nos vœux et de la mention faite à notre identité politique France Insoumise qui nous est refusé! Nous continuerons à nous battre pour la reconnaissance de nos droits jusqu’à l’obtention d’un groupe.

De nombreux rapports et quelques éclairages

Comme déjà écrit ci dessus nos assemblées plénières abordent de nombreux rapports et sujets en peu de temps (une seule journée). Il n’est pas question de tout évoquer là mais d’éclairer quelques points ainsi que nos votes.

Nous avons soutenu le plan de la région concernant l’hydrogène vert en Occitanie. Nous défendons et soutenons les projets qui vont dans le sens du développement des énergies renouvelables, nous sommes déjà intervenus sur ce thème de l’ hydrogène vert précédemment en assemblée plénière. Nous nous félicitons donc que ce nouveau plan soit adopté. Toutefois la question de la transition écologique n’est pas pensée suffisamment comme transversale et structurante. C’est d’une planification démocratique et écologique dont nous avons besoin bien sûr au delà des frontières régionales et nationales.

Nous nous sommes abstenus sur les rapports relevant du tourisme et du thermalisme. Nous avons conscience que ces activités ne sont pas négligeables dans l’économie régionale. Mais malgré les amendements d’EELV ( assez peu contraignants du point de vue écologique) ces rapports ne prennent pas assez en considération les risques pour l’environnement et ont comme objectifs surtout d’assurer la compétitivité du territoire vis à vis des autres régions.

Enfin nous nous sommes abstenus sur les budgets participatifs. Ceux des lycées peuvent être considérés comme des budgets avec participations des élèves. Les deux nouveaux proposés ( Montagne et climat ) sont davantage des appels à projets. La région s’est engagée sur la mise en place de ces budgets à hauteur de 1% de ce dernier. On est encore loin du compte dans ce qui est proposé actuellement. Mais au delà, la conception d’un vraie budget participatif n’est pas celle proposée par la région. Les outils démocratiques à mettre en place sont à réfléchir mais parvenir à impliquer nos concitoyen-n-e-s dans les décisions budgétaires qui les concernent, est l’objectif.

Nous avons voté pour la carte des emplois car elle proposait de créer des postes, notamment au sein des lycées de la région pour répondre aux besoins de maintenance informatique. C’est un de nos combats depuis le début de la mandature : reinternaliser le service de maintenance informatique externalisé en ex midi Pyrénées. C’est un bon début donc mais insuffisant pour répondre aux besoins qui s’expriment au sein des établissements.

Les vœux : un moment de débats possible

Les vœux nous ouvrent une fenêtre pour débattre quelque peu. Notre voeu sur la situation des urgences a été voté majoritairement.

Par contre notre vœu sur l’aéroport Toulouse Blagnac demandant à la région d’accompagner la démarche en faveur de la nullité de la vente n’a pas reçue de majorité suffisante. Nous nous sommes exprimés sur le sujet au sein d’un communiqué que vous pouvez retrouver ici.

Nous avons également voté des vœux présentés par le PS, le PC et EELV quand ils allaient dans le bon sens ( par exemple en faveur du train Perpignan Rungis, ou de la défense des écoles publiques en milieu rural).

Combattre l’extrême droite sur un terrain pertinent

Nous ne commenterons pas l’attitude du RN qui tente de polariser l’attention au sein de l’AP.

Nous nous contenterons du contenu des interventions et propositions de l’extrême droite : au delà des propos inacceptables au sujet des réfugiés, les positions défendues sont ridicules et ne correspondent en rien à ce qui est exprimé aujourd’hui dans les luttes. Pour le RN un des problèmes des urgences et de leur saturation c’est la présence massive des « immigrés légaux et illégaux ». En plus de tenir un propos outrancier, le RN se ridiculise et semble ne pas avoir compris les doléances des soignant-e-s dont la préoccupation est de bien soigner les patients et de bénéficier pour cela de véritables moyens.

Le RN est dans l’imposture et c’est cela qu’il faut dénoncer tout comme leur vision libérale, imbécile et donc à courte vue : ce parti d’extrême droite se fait passer pour le défenseur des services publics sauf quand il s’agit d’engager des dépenses pour permettre à ce dernier de fonctionne. Il est contre le recrutement de nouveaux agents. Comment fait on fonctionner une nouveau lycée sans agents? Peut être le RN envisage t il comme Emmanuel Macron, l’emploi de précaires dans la fonction publique?

Le RN qui se fait passer pour le défenseur des « petites gens », exprime pourtant son mépris de classe quand il s’agit de stigmatiser les plus modestes qui bénéficient des trains à un euro.

Et le RN a enfin avoué sa position concernant la gratuité des manuels et outils pédagogiques bénéficiant aux élèves et aux apprentis : le RN est contre. Sans doute trouvé t il normal de faire payer l’éducation aux familles. Belle preuve de la défense d’un service public ( pour nous nécessairement gratuit et échappant à la logique marchande) pour tous et toutes!

Le RN est un parti d’extrême droite aux positions économiques libérales. L’invitation certes finalement abandonnée, de Marion Maréchal Le Pen à l’université d’été du Medef en est une démonstration supplémentaire.

Pour finir

L’activité des élu-e-s de la France Insoumise ne se résume pas à la tenue des assemblées plénières fort heureusement!

Nous continuons à mener les combats pour la justice sociale, l’urgence démocratique et écologique au sein de l’institution mais aussi à l’extérieur.

Prochainement un parrainage républicain de lycéen-n-e-s demandeurs et demandeuses d’asile, aura lieu au sein de la région Occitanie. Nous en sommes à l’origine.

L’expression de la solidarité est aussi un de nos combats.

Baccalauréat 2019 : Mensonges et vérités

Déclaration de Myriam Martin, conseillère régionale Occitanie et enseignante gréviste

Non le baccalauréat ne se déroule pas dans de bonnes conditions, contrairement à ce qu’a déclaré Monsieur Jean Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale. Après le mépris du ministre les mensonges. Les chiffres annoncés concernant les taux de grévistes sont faux comme l’ont déjà démontré certains médias nationaux (France Info, Libération, etc…). En effet devant le nombre de grévistes conséquents les rectorats ont réquisitionné du personnel non enseignant pour surveiller : personnels de vie scolaire, retraités (!), principaux de collèges, IPR (Inspecteurs Pédagogiques Régionaux), IEN (Inspecteurs de l’Éducation Nationale), personnels du rectorat ou des administratifs des lycées. Bien souvent un seul surveillant-e était chargé d’une salle au lieu de deux en temps normal. C’est le cas en région Occitanie où même dans un lycée au moins un chef d’établissement a confié des salles de cours à des agents régionaux des lycées (fonctionnaires territoriaux) bien que la région ait rappelé avant les épreuves qu’il n’était pas légal d’utiliser ses agents dont les missions ne correspondent absolument pas à la surveillance des examens.

La situation que nous vivons incombe à l’attitude méprisante du ministre de l’éducation qui continue à passer en force « ses réformes » et qui refuse toute discussion avec les enseignants et leurs représentants syndicaux. Ces réformes du bac et la mal nommée loi « école de la confiance » sont repoussées à une écrasante majorité par les enseignant-e-s, les élèves et les parents d’élèves (prise de positon de la FCPE).

Devant le refus du ministre de revenir en arrière et à la négociation, devant la gravité des mesures qui vont à l’encontre du principe de l’égalité et d’une école publique, laïque, pour tous les élèves, les professeurs n’ont pas eu d’autres choix que de boycotter les examens.

Ce ne fut pas une décision facile pour chacun et chacune d’entre nous.

Mais notre détermination est entière et nous ne pouvons que dénoncer les mensonges sur la mobilisation réelle des enseignant-e-s, les mesures prises pour briser la grève, nous ne céderons pas aux menaces et à la répression (une douzaine de camions de CRS devant le rectorat de Toulouse mardi 18 juin, séquestration de professeurs et gazage de ces derniers à Montauban, pressions sur les collègues précaires etc.).

La mobilisation est telle aujourd’hui que nous pouvons affirmer, avant même les déclarations du ministre, que la rentrée ne se passera pas bien! Continuons à exiger le retrait des lois Blanquer !