3 millions pour la Méthanisation industrielle à Montaut (09) et la culture du maïs: pour nous c’est non !

Commission Consultative Thématique 7 Transition écologique et énergétique – 4 avril 2019

Explication de vote de Guilhem Serieys, conseiller régional France Insoumise sur l’opération « Réalisation d’une unité de méthanisation agricole collective dans la commune de Montaut (09) »

Guilhem Serieys a voté contre cette subvention, ainsi que Patrick Cazes, élu PCF. Tous les autres élus, PS, PRG, EELV, droite, FN ont voté pour.

A noter que deux élues EELV, dont la vice-présidente de Région chargée de la Transition écologique ont quitté la commission au moment de l’examen de ce rapport sans se prononcer.

Je suis surpris que la proposition de subvention de près de 3 millions d’euros de fonds européens pour l’unité de méthanisation industrielle de Montaut en Ariège ne fasse pas l’objet d’une information spécifique des élus de notre commission. J’en déduis que sans mon intervention cette subvention serait votée sans débat. C’est d’autant plus problématique qu’après le vote de cette Commission Consultative Thématique, ce rapport n’est pas soumis à la délibération de notre Assemblée plénière ou Commission permanente mais directement à la décision de la Présidente de Région, selon un procédé démocratique très discutable appliqué aux fonds européens dont la Région est autorité de gestion.

Surtout, vous savez que la méthanisation industrielle est un sujet sensible de discussion dans notre Conseil régional. Après nos polémiques à propos du financement régional du méthaniseur de Gramat, un groupe d’élus régionaux avait travaillé il y a un peu plus d’un an et produit un rapport d’initiative sur le sujet de la méthanisation avec de nouveaux critères pour évaluer l’opportunité politique d’accompagner financièrement de nouveaux projets.

J’ai donc deux questions préalables. Premièrement, a-t-on sollicité l’avis des élus rédacteurs du rapport d’initiative sur la méthanisation à propos de cette opération dans l’Ariège ? Je comprends à leur réaction que ce n’est pas le cas. Deuxièmement, a-t-on tenu compte des préconisations de ce rapport pour évaluer l’opportunité d’aider à hauteur de 3 millions d’euros ce projet de Montaut ? La réponse qui m’est faite en Commission est que les nouveaux critères d’intervention sur la méthanisation engagent le Conseil régional en ce qui concerne le vote de crédits régionaux mais pas en ce qui concerne l’engagement des fonds européens, ici le FEDER, dont la Région est gestionnaire. Cet argument me laisse pantois. Car au-delà des rouages techniques, la décision finale d’engager une subvention, qu’elle soit de crédits «Conseil régional » ou « européens gérés par le Conseil régional» appartient bien à l’évaluation politique et s’apprécie dossier par dossier par le débat et le vote des élus. Et l’opportunité politique d’aider tel ou tel projet s’étudie à l’aune de son intérêt écologique, économique, social, bref de son rapport à l’intérêt général qui fait l’objet de discussions et d’arbitrages politiques. Je pense sans trahir le vote des élus de notre Assemblée régionale sur le « rapport d’initiative méthanisation » que leurs appréciations sur le sujet valaient autant pour l’engagement des crédits régionaux que pour les fonds européens que nous gérons. Une telle distinction n’a d’ailleurs jamais été faite dans le « rapport d’initiative méthanisation ».

J’aborde le fond du dossier avec parcimonie car les deux pages de présentation écrite qui nous sont soumises le sont aussi. Pourtant, la somme en jeux, 3 millions d’euros pour un projet de 7,5 millions est colossale et disproportionnée en rapport à d’autres choix. Je rappelle par exemple que le montant du plan bio 2019 pour toute la Région est de 3 millions d’euros. Il ne nous appartient pas ici de nous prononcer sur la légalité ou les autorisations pour ce projet de méthaniseur, ce rôle étant dévolu au préfet du département. Il s’agit pour le Conseil régional de soutenir financièrement ou non le projet en fonction de notre vision de la nécessaire transition écologique de notre agriculture.

Le gisement de déchets agricoles nécessaires au plan de charge du méthaniseur est de 22 000 tonnes, notamment en pieds mâles des ensilages de maïs, et de 6000 tonnes de lisier. Faire porter la rentabilité économique du projet sur une telle quantité de pieds de maïs est déraisonnable eu égard à l’urgence de réduire nos productions prédatrices de ressource en eau. On peut me rétorquer qu’il s’agit ici de cultures de maïs semences. Mais nous savons que les superficie de maïs semences diminuent. Nous n’avons pas de garanties que les pieds utilisés ne soient pas un jour issus des cultures de maïs alimentation. Notre « rapport d’initiative méthanisation » prévoit pourtant fort justement « la réorientation sur 10 ans du système cultural principal vers des cultures moins gourmandes en eau, en intrants azotés, en herbicides et en pesticides : ex. la culture de maïs, même la production de semences s’engagerait à un objectif de conversion de 50% de superficie vers le poids chiche, le tournesol, le sorgho, etc ». Autant dire que soutenir de projet de méthaniseur revient à aller à l’inverse des choix que nous avons pourtant arrêtés collectivement en votant le « rapport d’initiative méthanisation ». C’est un très mauvais signal à l’heure où l’urgence climatique appelle à revoir nos modèles agricoles.

L’évaluation du projet doit également s’apprécier en regard de son bilan écologique global. Le gisement de déchets mobilisables ne doit pas impliquer des distances de transports trop éloignées de l’installation. Je crains que la réalité ici soit bien autre. D’une façon générale, les projets de méthanisation doivent être dimensionnés de façon à permettre un traitement de proximité et non la recherche permanente d’une maximisation des volumes.

Je vote contre et forme le souhait d’un examen attentif de ce rapport par Madame la Présidente avant sa prise de décision.

Guilhem Serieys

Bilan de l’Assemblée plénière du 28 mars 2019: Aéroport, pollution, RIC, prisonniers catalans, filière bois…

Aéroport Toulouse-Blagnac : pour un contrôle public !
Lors de l’Assemblée régionale du 28 mars, huit conseillers régionaux, Danielle Azemar, Thierry Cotelle, Liem Hoang Ngoc, Myriam Martin, Marie Meunier, Dominique Satgé, Jean-Christophe Sellin et Guilhem Serieys ont cosigné un vœu pour le retour dans le giron public de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Après débats, la Région a soutenu l’exigence d’un contrôle public réel de l’aéroport. Les élus de la France Insoumise, aux côtés du collectif contre la privatisation, continuent d’agir pour l’annulation de la vente des parts de l’Etat à Casil Europe.

Pollution à l’arsenic dans l’Aude : alerte !
L’alerte au gouvernement présentée en séance par Guilhem Serieys a été adopté à l’unanimité par l’Assemblée régionale. Face aux pollutions engendrées par l’ancienne mine de Salsigne près de Carcassonne qui ont été aggravées par les inondations d’octobre. L’inaction a trop duré ! La déclaration présentée en séance par Guilhem Serieys demande au gouvernement doit au plus vite assurer une cartographie précise et publique des teneurs en arsenic dans le sol, prendre les mesures sanitaires à la hauteur des risques réels encourus et travailler à une solution pérenne avec les élus locaux et les associations environnementales. Vous pouvez télécharger ce vœu adopté en cliquant ici.

Pour la libération des prisonniers politiques catalans
Le vœu présenté en séance par Jean-Christophe Sellin pour la libération des prisonniers politiques catalans, enrichi en Assemblée par des amendements d’EELV, a été adopté par 94 voix pour et 46 contre. Des élus, représentants politiques et associatifs catalans, emprisonnés préventivement depuis presque un an et demi, encourent jusqu’à 25 ans de prison pour avoir participé à la réalisation d’un référendum d’auto-détermination en Catalogne le 1er octobre 2017. Sans se prononcer sur la question de l’indépendance de la Catalogne, la Région Occitanie affirme ainsi l’exigence de solutions politiques et démocratiques plutôt que répressives et qu’à ce titre les prisonniers et exilés retrouvent leur liberté pleine et entière. Vous pouvez télécharger ce vœu adopté en cliquant ici. 

Région refuse les Référendums d’Initiatives Citoyennes !
Les élus France Insoumise ont porté en séance par la voix de Myriam Martin la proposition des Référendums d’Initiatives Citoyennes (référendums législatifs pour faire adopter une loi, référendums abrogatoires pour supprimer une loi, référendums révocatoires pour mettre fin au mandat d’un élu, référendums constituants pour une Assemblée constituante chargée d’élaborer une nouvelle constitution). Cette exigence a été rejetée par 72 voix contre et 28 pour. Pourtant, le « grand débat » mené par Emmanuel Macron n’est pas une réponse adaptée aux colères citoyennes. Avec les mouvements des gilets jaunes et  pour le climat, affirmant « fin de mois, fin du monde, même combat » ou « justice sociale et justice climatique », les élus France Insoumise demandent continueront à agir pour le respect de la souveraineté populaire !

Par ailleurs, Jean-Christophe Sellin est intervenu sur le dossier du Brexit,  vous pouvez retrouver son intervention en cliquant ici.

Guilhem Serieys s’est prononcé sur la situation de la filière bois, vous pouvez retrouver son intervention en cliquant ici.

Myriam Martin s’est exprimée sur la réforme du lycée et sur le thème des mobilités, vous pouvez retrouver son intervention en cliquant ici.

Vous pouvez retrouvez l’ensemble de ces interventions sur http://www.insoumisoccitanie.fr

PRIVATISATION DE L’AEROPORT TOULOUSE BLAGNAC : POUR NOUS C’EST TOUJOURS NON !

La lutte contre la privatisation de l’aéroport de Toulouse Blagnac, privatisation opérée il y a 4 ans sous la férule d’Emmanuel Macron, ministre de l’économie, est en passe peut être d’aboutir. Au lendemain de l’avis du rapporteur public auprès de la Cour administrative d’appel qui conclue sur la possibilité d’annuler tout ou partie de la procédure de privatisation, c’est une première victoire dont il faut se féliciter.
Durant ces 4 années, citoyens, associations de riverains et comités de quartier, syndicats, organisations politiques et élu-e-s, se sont battus, mobilisés, sont allés en justice pour revenir sur cette privatisation scandaleuse. Scandaleuse parce que cette privatisation a bénéficié et continue de bénéficier aux seuls spéculateurs. Casil Europe, l’actionnaire privé n’est intéressé que par le pillage de la trésorerie et l’opération juteuse de 200 millions d’euros, qu’il pourrait réaliser par la revente de ses actions. De plus l’explosion du trafic aérien, en particulier la nuit, s’est effectué au mépris de l’environnement et des conditions de vie des riverains et de leur santé. Cette privatisation, au-delà des aspects juridiques, est illégitime. L’aéroport de Toulouse Blagnac doit revenir dans le girons de la puissance publique car il est un des outils stratégique indispensable d’aménagement du territoire et d’indépendance industrielle du secteur aéronautique de notre Région.
Peu importe la nationalité des actionnaires privés, ils seraient français que cela ne changerait rien à notre position : seul le public peut garantir l’intérêt général et il n’est plus tolérable de brader des biens financés par l’argent public. Cette expérience calamiteuse doit servir de leçon, notamment pour s’opposer à la privatisation voulue par le pouvoir Macron, d’ADP (Aéroports de Paris), dans le cadre de la loi PACTE, mais plus largement du patrimoine de l’Etat que ce gouvernement veut brader et abandonner aux intérêts de quelques-uns.
Manuel Bompard, candidat aux européennes pour la France Insoumise
Carole Mare, candidate aux européennes pour la France insoumise
Myriam Martin, conseillère régionale France Insoumise
Guilhem Serieys, conseiller régional France Insoumise
Jean Christophe Sellin, conseiller régional France Insoumise
Thierry Cotelle, conseiller régional Gauche Républicaine et Socialiste
Nadia Bakhiri, conseillère régionale
Liem Hoang Ngoc, conseiller régional
Bénédicte Taurine, députée France Insoumise
Michel Larive, député France Insoumise

Réforme du Lycée Professionnel  : Mr Blanquer, la confiance est vraiment rompue !

Par Myriam Martin, professeur de Lettres-Histoire en Lycée Professionnel – Conseillère régionale Ensemble ! France Insoumise, Occitanie

On en parle peu, mais en même temps que la réforme du bac général va s’appliquer celle du bac professionnel. Elle intéresse peu les médias, pas plus que ne les intéressent les conséquences que cette réforme induit sur un public élève issu des classes populaires et modestes.

Que réserve cette réforme, notamment en ce qui concerne la « rénovation des programmes » ?

En congés scolaires depuis le 22 février, quelle ne fut pas ma surprise quand, consultant une de mes boites aux lettres mail, je constatais qu’un message de nos inspecteurs (de nos disciplines français, Histoire, Géographie et Éducation Morale et Civique) nous invitait, mes collègues et moi-même, « à prendre connaissance des programmes et à participer à la consultation nationale à propos de ceux-ci ». Dans sa grande magnanimité, le ministère nous donnait largement entre le 18 février et le 3 mars, en pleine période de vacances scolaires pour le faire !

Mais jamais rebutée par le travail durant les congés, je suis allée consulter les programmes d’une part et j’ai généré un lien pour pouvoir participer à la consultation d’autre part.

Je reviendrai sur la dite « consultation » qui vaut le détour.

Programmes et objectifs

Penchons nous avant tout sur les programmes et leurs objectifs.

Ce que l’on sait déjà c’est que moins d’heures seront destinées, sur les trois années de bac pro comme pour les deux années de CAP, à l’étude disciplinaire du français et de l’histoire-géographie. Aussi difficile de croire aux termes exprimés par le ministre Blanquer dans sa lettre de saisine du conseil supérieur des programmes, qui affirme : « l’enjeu est à la fois de consolider les acquis du collège et de permettre aux élèves d’acquérir une culture générale solide, qui leur sera utile dans la vie professionnelle comme dans la vie civique ». Mais ce qu’il faut retenir de ce courrier de cadrage c’est surtout l’insistance en différents passages, sur les « partenaires économiques » à impliquer dans la voie pro (comme si cela n’existait déjà pas!), sur le rôle de l’apprentissage, sur « les contenus d’enseignement intégrant pleinement les mutations de l’économie et des métiers », « une spécialisation plus progressive avec l’instauration des familles de métiers en seconde professionnelle ». En un mot ce qui prime surtout c’est de faire de ces élèves de lycées pro de bons exécutant-e-s, employables avant tout.

Au sein de l’ensemble des documents lus, à aucun moment il est question des objectifs qui devraient être ceux d’une éducation pour tous et toutes, à savoir l’émancipation, l’appropriation de connaissances afin que puissent se construire les citoyens et citoyennes de demain.

Des programmes édulcorés et orientés

Si vous supprimez des postes d’enseignant-e-s , vous supprimez des heures d’enseignements, et par conséquent vous édulcorez les programmes.

Prenons l’exemple de l’enseignement du français en bac pro : sur 9 objets d’étude (pour les profanes, 9 « grands thèmes » étudiés) on en garde plus que 6, 3 en seconde pro, 2 en première, un seul en terminale ! Cela interroge tant sur l’enseignement du français en dernière année de formation que sur l’épreuve qui sera proposée.

Mais revenons à la seconde puisque seuls ces programmes sont révélés à l’heure actuelle.

Quand on condense on exclut des sujets : l’objet d’étude « des goûts et des couleurs » permettant une initiation à l’art sous toutes ses formes, disparaît. Est substitué à sa place un nouvel objet d’étude « Dire, écrire, lire le métier » ! Tout un programme ! Où l’apprentissage du français se réduit à une vision utilitariste, appliqué juste au champ professionnel. Comme si nos élèves n’avaient pas besoin, ni le droit de bénéficier d’un enseignement plus littéraire.

Difficile d’imaginer s’épanouir ou s’extasier, pour les élèves comme pour les professeurs, dans le cadre d’un cours de français, devant un CV ou une intervention à l’oral d’un rapport de stage.

Comment ose-t-on parler sans rire de « l’excellence » de la voie professionnelle.

L’orientation implicite de cette réforme est encore une fois celle de l’acquisition de compétences contre l’acquisition et l’appropriation par les élèves des connaissances. Elle est donc idéologiquement marquée par le libéralisme ambiant. Plus largement que la réforme de la voie pro, celle globale de la réforme de la formation professionnelle, s’inscrit dans cette logique de répondre aux besoins des entreprises et des activités économiques, non pas par le biais de la formation diplômante, mais par la validation de quelques compétences, en fonction d’un poste de travail occupé par exemple.

Il est donc logique pour le ministre d’imposer cette orientation au sein même de la formation professionnelle publique initiale, quitte à mettre en danger le devenir des LP publics.

Revenons donc à nos programmes, plus spécifiquement ceux de l’histoire, de la géographie et de l’éducation morale et civique.

Comme pour le français c’est la réduction des enseignements qui est à l’ordre du jour !

De 4 objets d’études en histoire et 4 objets d’étude en géographie on passe à 4 grands thèmes en tout dans les deux disciplines. On divise l’apprentissage par 2. On condense donc et on fait disparaître des leçons entières : l’Humanisme et la Renaissance en Europe, tout comme le premier empire colonial français étudié à l’aune des responsabilités de la France dans la mise en place de l’esclavage.

Les nouvelles leçons tournent autour de la circulation (des hommes, des marchandises et des informations) en histoire comme en géographie. Le terme circulation (je cite : « circulations, colonisations et révolutions », « production mondiale, circulation des biens, des personnes et des informations », « une circulation croissante et diverse des personnes à l’échelle mondiale ») est récurrent au sein de 3 thèmes sur 4. Dans le cadre de la mondialisation sont listées les différentes circulations et mobilités. On ne voit pas à travers cette énumération les enjeux majeurs auxquels est confronté l’humain, enjeux qui correspondaient aux leçons préalablement étudiés en géographie : « nourrir les hommes, les enjeux énergétiques, le développement inégal, les sociétés face aux risques ». Ces leçons qui vont disparaître permettaient d’interroger, de faire réfléchir nos élèves aux défis de demain. Exit ces questions assez incontournables et qui contribuaient aussi à la construction d’un esprit critique chez nos élèves, futurs citoyen-n-e-s.

A la place la mondialisation, ses « mobilités » et ses circulations de marchandises. C’est un appauvrissement et des connaissances et de l’appréhension de ces disciplines, sciences humaines qui doivent amener nos élèves à réfléchir, à raisonner et à problématiser afin d’élaborer une pensée critique et autonome.

Que dire de « l’ambition » des programmes pour les CAP. De nombreuses leçons disparaissent purement et simplement. Exit là aussi notamment la constitution du monde ouvrier en France qui a marqué notre pays depuis le début de l’industrialisation jusqu’à la deuxième moitié du XXème siècle, exit aussi les conflits qui ont marqué l’histoire contemporaine.

Le fil conducteur du nouveau programme d’histoire c’est « la France de 1789 à la Vème république, l’affirmation démocratique jusqu’à la construction européenne », une étude des institutions sans interactions comme précédemment avec la société française.

En géographie le programme (en partie identique à celui de seconde professionnelle avant la réforme) subit un sacré essorage : là encore reste la mondialisation qui est à l’honneur avec les sempiternels thèmes désormais communs au bac pro et aux CAP : « Espaces, transports mobilités », « aires urbaines ». Plus rien là aussi sur les enjeux et les défis auxquels est confrontée la planète.

Je passe sur l’épreuve qui sera celle que devront affronter les élèves de CAP. Tout le travail antérieur qui devait aboutir à un dossier présenté au professeur, dossier qui était la base d’un oral et d’une évaluation, a disparu. Cette évaluation est remplacée par un tirage aux sorts des sujets (choisis soit par l’examinateur, soit par l’élève) et une épreuve orale de 15 minutes ou de 30 minutes. Plus la peine en effet de proposer une épreuve impliquant l’élève et valorisant son travail au vu du nombre d’heures et de leçons dédiées aux disciplines !

Quant à l’Education Morale et Civique, il y a de quoi s’interroger soit sur les thèmes d’étude proposés ou soit sur la disparition d’autres en seconde. Peut être vont-ils réapparaître dans les programmes des classes de Première et de terminale Bac Pro ? Pour autant les choix effectués peuvent être jugés contestables.

Dans les deux thèmes proposés en seconde bac pro, ne figure plus celui intitulé « égalité et discriminations ». Figurera dans le programme de première « Egalité et fraternité ». On n’en sait pas plus pour le moment.

Mais pourquoi lors de l’entrée en seconde supprimer ce qui existait : le travail autour de la notion d’égalité, du constat des discriminations présentes dans la société française et la lutte contre celles-ci, fait sens dès l’entrée au lycée. Ce choix de suppression est surprenant et paraît peu pertinent dans le contexte actuel où la parole raciste, quelle qu’elle soit, sexiste et homophobe, s’impose dans l’espace public, alors qu’il faut apprendre le plus tôt possible à nos lycéen-n-es, à s’y opposer.

Surprenant également le choix du second thème en éducation morale et civique en CAP : la protection des libertés et son corollaire, la défense et la sécurité ! Pourquoi ce choix ? Pourquoi ne pas aborder la question des libertés comme en seconde pro ? A l’aune des droits et des devoirs, de la démocratie et de l’état de droit ou encore de la liberté d’expression ?

Eclairer l’idée de liberté par la sécurité intérieure est assez déconcertant. Cette idée ne se réduit pas à cela comme le confirme le programme de seconde pro.

Consulter les enseignant-te-s, vraiment ?

Mais si vous n’êtes pas d’accord ou si vous voulez faire part de vos critiques sur ces nouveaux programmes, on vous rétorquera qu’une consultation en ligne est à votre disposition. Plus exactement était vu les délais impartis ! Il s’agissait en fait d’un QCM par lequel vous répondiez à des questions très orientées qui ne permettaient nullement de s’exprimer sur le fond des programmes et sur les choix opérés. On vous demande même de présenter les points forts et les points faibles de ces nouveaux programmes, en quelques lignes !

Voilà les termes de la consultation nationale, qui restera dans les faits assez discrète.

LP en danger

Au final en diminuant les enseignement on a procédé également à un appauvrissement des programmes, médiocres tant dans les contenus qu’en ce qui concerne les objectifs.

Mais il ne s’agit pas d’un problème de choix malheureux et/ou maladroits. Il s’agit d’un choix assumé de proposer aux élèves de LP un enseignement minimaliste en sciences humaines et en français, (mais aussi dans les autres disciplines générales, Math et Langues) ceux-ci n’ayant pas besoin de plus, ni de réfléchir pour devenir la main d’œuvre d’exécutants de demain. Les économies engagées par le gouvernement se feront donc en partie sur le dos des élèves, très souvent d’ origine modeste, qui devraient bénéficier pourtant de davantage d’attentions. « Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance ». Cela ne semble pas poser de problème au ministre de l’éducation qui applique le vieil adage avec un mépris de classe lui aussi largement assumé.

Ne pas laisser faire, refuser une réforme mortifère pour les LP, c’est l’option que chaque enseignant-e devrait choisir. En deçà c’est l’avenir des LP qui est en jeu.

En finir avec le Travail détaché

Par Guilhem Serieys, Conseiller régional d’Occitanie, France Insoumise

Tribune publiée par Midi Libre le 16 février 2019

tribume travail détaché

La Région Occitanie engagera sur l’année 2019 près de 200 millions d’euros d’aides aux entreprises. Avec les élus de la France Insoumise, nous proposons d’orienter ces aides vers l’emploi stable, la relocalisation de l’économie et la transition écologique. Pour cela, commençons par aider les PME/PMI et conditionnons les subventions au respect de normes sociales et environnementales.

Nous avons proposé trois critères principaux: la limitation du recours à l’emploi précaire, l’évaluation de l’utilisation faite du CICE et l’exclusion des entreprises ayant recours au Travail détaché des aides et marchés de la Région. Les élus de la majorité PS, PRG, EELV, PCF ont refusé ces exigences.

Le débat que nous soulevons n’est évidemment pas la nationalité des travailleurs concernés, contrairement à ce que feint de comprendre Carole Delga, mais bien leur statut social. En cohérence, les députés de la France insoumise proposent d’ailleurs l’interdiction du travail détaché. Le mot d’ordre est aussi présent, à juste titre, dans les revendications des gilets jaunes.

Des élus PS à la Région nous ont expliqué que la nouvelle directive européenne de 2018 réglait les difficultés posées par le statut de Travailleur détaché. C’est un enfumage du pouvoir macronien.

Les indemnités de transport, de logement et de repas restent calculées selon le barème en vigueur dans le pays d’origine, ce qui rend le principe « à travail égal, salaire égal » inopérant. Surtout, les cotisations sociales sont toujours payées dans le pays d’origine du travailleur et non dans le pays où il travaille.

C’est bien ce qui pose problème. Cette disposition organise le dumping social généralisé. Elle pousse à la baisse des salaires et des systèmes de protection sociale partout en Europe. Depuis 2008 le nombre officiel de travailleurs détachés en France est passé de 96 000 à 516 000, utilisés comme main d’œuvre moins chère que celle disponible sous contrat de droit français pour laquelle les employeurs participent au financement de la sécurité sociale, organisant une concurrence déloyale entre les pratiques des entreprises.

Aussi, notre proposition d’exclure les entreprises ayant recours au Travail détaché des aides et marchés de la Région est une mesure de bon sens, comme la suppression de l’application de la directive concernée en France. Désobéissons ainsi pour proposer aux autres peuples une harmonisation sociale par le haut plutôt que la résignation à la course au moins disant social organisée par les traités et directives européennes.

 

Airbus / Economie régionale: Y a t-il encore un pilote dans l’avion?

La décision est tombée hier, jeudi 14 février: Airbus abandonne l’emblématique A 380. Sanction d’une erreur stratégique manifeste d’avoir construit un tel monstre dans un monde où l’impératif écologique commence à s’imposer et où les surcoûts d’infrastructure d’aéroport ne sont plus de mise.

Le coût financier sera de 20 milliards et 3500 employés sont sur la sellette.

Un vice-président de Toulouse Métropole a même évoqué en séance du Conseil Métropolitain un scénario catastrophe dans les prévisions du financement de la 3 ème ligne de métro en évoquant l’avenir et la viabilité d’Airbus.

Cet accident industriel révèle au grand jour la dépendance de la mono-activité autour de l’aéronautique pour Toulouse, son agglomération et l’ensemble de la région.

Une nouvelle stratégie s’impose à l’Etat et aux collectivités locales, de piloter un plan décennal, pour diversifier l’économie, à partir des immenses besoins sociaux et écologiques, en aidant en priorité les SCOP et les PMI/PME.

Il en va de l’avenir de l’emploi, de l’activité économique et de nos territoires.

 

Toulouse, le 15 février 2019

Jean-Christophe Sellin, Conseiller régional Occitanie – France Insoumise