Le conseil régional au fil de l’eau

Le conseil régional au fil de l’eau

Notre souci permanent est de faire part de ce qu’il se passe dans notre institution afin d’effectuer ce travail de transparence que nous devons à nos concitoyen-ne-s : comment fonctionne l’institution, qui fait quoi et qui vote quoi au sein des réunions propres à l’institution et au sein des organismes dépendant de la région.
Aussi régulièrement nous alimenterons cette nouvelle rubrique « le conseil régional au fil de l’eau ».

Vendredi 30 mars 
Quand nous fûmes étrangers au conseil régional !
Chaque élu-e possède une carte d’accès au conseil régional, au parking de celui ci et au restaurant administratif. Quelle ne fut pas notre surprise de découvrir alors que nous allions prendre notre repas (nous étions en réunion, commissions sectorielles, toute la journée) de constater que notre carte était périmée, tous les accès habituels nous étaient refusés !
Cherchant tout naturellement à élucider ce mystère nous avons découvert qu’une erreur magistrale s’était produite : afin de nous enlever la possibilité d’entrer dans les anciens locaux du groupe Nouveau Monde En Commun, on avait démagnétisé complètement notre carte ! Sur l’accès au conseil régional, réparation fut faite. Qui avait donc demandé qu’on nous empêche d’entrer dans les anciens locaux de notre groupe ? Mystère ! Peut être faut-il voir du côté du bureau de l’assemblée ?
En tout cas malgré nos interrogations adressées à la présidence de région, nous n’avons toujours pas d’explication. Le même après midi riche en émotions, nous recevions un courrier signé des coprésidents du groupe Nouveau Monde (PCF et EELV), nous intimant l’ordre de téléphoner et de prendre rendez vous si l’on voulait se rendre dans un des bureaux de notre ancien groupe !
Et pourquoi cela ? Parce que privé de local au sein de l’hôtel de région à Toulouse car non-inscrit-es, comme quoi les non-inscrits sont considéré-e-s comme des élu-e-s de seconde zone au sein du conseil régional Occitanie, nous occupions le temps des réunions obligatoires (commissions sectorielles) un bureau de quelques mètres carrés à 5 ! Quelle hérésie !
Pourtant quand on est élu-e il est légitime et nous le revendiquons, de bénéficier d’un lieu dédié pour exercer son mandat. C’est ce que nous nous employons à obtenir.

 

Jeudi 29 mars et vendredi 30 mars, réunion des commissions sectorielles

En moyenne chaque 5 ou 6 semaines se tiennent au sein de l’institution les commissions sectorielles, commissions au nombre de 20 et dont les thèmes correspondent aux compétences de la région.
Chaque élu-e doit participer à 3 commissions de son choix. Dans ces commissions sont débattues et votées les dossiers qui seront ensuite adoptés par vote également en commission permanente et/ou en assemblée plénière.
Dans la commission 8 (formation professionnelle, apprentissage et emploi) où je siège avec Liem, plusieurs dossiers méritaient qu’on s’interroge et surtout qu’on intervienne.
Le premier rapport concernait le PIC (Plan Investissement Compétences). Si la région Occitanie a fait le choix d’achats de formation longue durée et qualifiante, il y a de notre point de vue, une contradiction entre ce choix et l’adoption de ce PIC où sont mis à l’honneur l’acquisition de compétences, notamment pour les demandeurs d’emploi. Ce n’est pas nouveau. Et c’est surtout une exigence du patronat : mais la formation, l’acquisition de connaissances ne se réduisent pas à l’acquisition de compétences qui ne débouchent pas forcément sur des formations qualifiantes ou diplômantes. Nous ne sommes pas opposés qu’à un moment un salarié ait besoin d’acquérir quelques compétences. Mais l’objectif de la formation professionnelle n’est pas celui là. Il faut répondre aussi aux besoins des salariés et des besoins en emplois de demain (transition écologique, besoins sociaux etc.). Or le PIC présentée en commission répondait aux orientations de l’état en matière de formation professionnelle. Pourtant les régions et en particulier la nôtre, se sont inquiétées des orientations en la matière du gouvernement. Pour notre part nous nous y opposons.
Nous nous sommes abstenus sur ce rapport. Les élu-e-s PS, EELV et PC ont voté pour.

Le rapport suivant présentait la charte de labelisation des partenaires du service public régional de l’orientation Occitanie. Il faut savoir que la loi relative à la formation professionnelle du 5 mars 2015 a confié aux régions la mise en œuvre du service public de l’orientation. Elle crée le Service Public Régional de l’Information. Or si la question de l’orientation est une question primordiale pour les jeunes notamment, il faut rappeler que les politiques notamment de la droite a consisté a supprimé peu à peu les moyens dédiés à ce service. Aujourd’hui il est légitime de s’interroger sur le fait de développer un service public régional qui se substitue à un service national de l’orientation.
De plus dans la charte proposée, comme dans la loi d’ailleurs, ne sont pas prévus comme partenaires les syndicats. Nous le regrettons. Nous nous sommes abstenus sur ce dossier. Encore une fois Liem et moi même avons été les seuls.
Dans les rapports de cette commission, il y a souvent les mêmes sujets qui reviennent, l’aide aux CFA. Régulièrement nous retrouvons des subventions allouées à un CFA confessionnel Emmanuel d’Alzon dans le Gard. Subventions souvent importantes (la dernière en date dépassait 100 000 euros pour du matériel) bien plus importante que celles allouées généralement aux autres CFA (sur la même ligne budgétaire, fonctionnement des CFA). Cela nous pose deux problèmes : tout d’abord fidèles à nos engagements de campagne nous défendons toujours que l’argent public ne doit pas servir les intérêts des établissements privés confessionnels quels qu’ils soient. De plus nous souhaitons que soit respecté le principe de laïcité. Nous avons demandé une dissociation de vote pour ce rapport afin que nous puissions voter contre en commission permanente ces subventions à ce CFA. La réaction de la droite et de l’extrême droite à notre demande et devant notre position ferme est intéressante à connaître. L’élu de la droite comme ceux du FN se sont retrouvés « vent debout » contre nous car ils défendaient tout simplement cet institut confessionnel ! Comme quoi la droite comme le FN ont une laïcité bien sélective et font preuve en la matière d’une grande hypocrisie.
Quant aux élus PS, EELV et PC, ils ont voté pour

Samedi 7 avril : forum des mémoires actives
Depuis plus d’un an nous travaillons avec l’association ESMA (Echanges et Savoirs-Mémoires Actives). Les premières rencontres ont eu lieu dans le cadre du groupe Nouveau Monde En Commun, même si Jean Christophe Sellin et moi même avons été désignés comme élu-e-s référent-e-s pour suivre le projet.
De quels constats communs sommes nous partis ?
Pour répondre à cette question citons tout simplement le texte d’introduction au forum organisé le 7 avril dernier :
« la plupart des immigrés se sont installés en France, ont fondé une famille, et leurs enfants à leur tour… Ils sont d’ici, bien d’ici. Il est donc temps pour nous tous d’avancer vers un nouveau contrat républicain, construit à partir des valeurs fondamentales de Liberté, Egalité, Fraternité. Il est temps d’avancer vers une conscience collective, « éclairée » faisant contre poids aux pensées extrémistes, excluantes et obscurantistes, ou servant des intérêts privés et des lobbies. Ensemble faisons en sorte que la mémoire collective serve à la libération et non à l’asservissement des hommes. La lutte pour la démocratisation de la mémoire sociale, contre l’abus ou le déficit mémoriel permet aux hommes de s’inscrire dans le présent et de pouvoir se projeter dans l’avenir. Nous pensons que le travail sur la mémoire, l’histoire et la transmission contribue à la lutte contre toutes les formes de discrimination. Notre propos est d’inscrire les mémoires des immigrations dans l’histoire populaire et ouvrière de notre région, en assumant nos multiples appartenances. Nos objectifs : mettre à jour un patrimoine sociologique et culturel, collecter, préserver et transmettre, changer les représentations et restaurer l’estime de soi. »
Suite à un travail conjoint avec la région es qualité, c’est dans ce cadre donc que la journée de samedi 7 avril s’est déroulée. Des moments forts et émouvants, notamment lors des témoignages liés à la première table ronde, « Mémoires des immigrations, mémoires ouvrières, mémoires des minorités », des débats très riches, passionnants avec un engagement commun celui de poursuivre notre travail commun, avec un objectif pour la réalisation d’une cité régionale des mémoires populaires et des immigrations.

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Myriam Martin

Un commentaire sur “Le conseil régional au fil de l’eau

  1. Merci Myriam pour ces quelques éclairages dont nous avons localement bien besoin pour situer qui fait quoi et comment car, à Nîmes comme ailleurs, les mêmes ou leurs homologues nous font un discours inverse avec beaucoup d’enfumage
    Pour l’exemple: je souhaite que tu nous donnes des précisions sur le rôle que joue GEBELLIN, son niveau de complicité avec DELGA sur la construction ou pas de la Gare de Manduel.
    Sachez que nous ne sommes dupes de rien et mieux, nous aurons les bonnes informations, mieux nous défendrons notre programme et mieux, nous pourrons porter la contradiction et pourquoi pas relever les mensonges.
    Avec tous mes encouragements et ma solidarité
    Yves

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